Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a tiré la sonnette d’alarme sur la propagation préoccupante de la tuberculose au sein de la prison centrale de Kasapa, située à Lubumbashi. C’était au cours d’un briefing presse tenu ce mercredi 17 septembre 2025, qu’il a détaillé les enjeux sanitaires, humains et juridiques auxquels sont confrontés les détenus et le personnel pénitentiaire.
D’après le patron de la justice, la situation sanitaire au sein de la prison centrale de Kasapa est devenue critique et nécessite une réponse immédiate et coordonnée. Sur un total de 2 600 détenus, 800 cas de tuberculose ont été confirmés à ce jour, tandis que 1 800 autres prisonniers suivent actuellement un traitement préventif. Ces chiffres illustrent l’ampleur alarmante de l’épidémie et soulignent l’urgence d’une action soutenue pour protéger la santé des détenus, du personnel pénitentiaire et des intervenants externes impliqués dans le système carcéral.
« Il est impératif de mettre en place un programme d’urgence afin que nos compatriotes détenus ne soient pas considérés comme des personnes envoyées au mouroir », a déclaré le Ministre de la Justice.
Guillaume Ngefa a plaidé pour une intervention rapide et décisive de l’État, soutenue par ses partenaires nationaux et internationaux, afin de prévenir ce qui pourrait devenir une catastrophe humanitaire. Il a souligné que l’ampleur actuelle de la crise sanitaire dans les établissements pénitentiaires exige une action coordonnée, couvrant à la fois les niveaux de dépistage, de traitement et de prévention, ainsi que le renforcement des conditions de vie et des infrastructures.
Cette alerte intervient dans un contexte où la question du respect des droits humains en milieu carcéral revient de façon de plus en plus pressante au centre du débat public en République démocratique du Congo. Elle s’inscrit dans une dynamique de vigilance accrue des autorités, des organisations de défense des droits humains et de la société civile, qui exigent des garanties renforcées pour les personnes privées de liberté.
L’appel du Ministre Ngefa met en exergue l’urgence absolue de mettre en place une réponse sanitaire adaptée, coordonnée et durable, afin de protéger la vie des détenus et de restaurer la dignité humaine au sein des établissements pénitentiaires. Il insiste sur le caractère non négociable de la protection des droits fondamentaux, même en contexte carcéral, et sur la nécessité d’allier mesures médicales efficaces, conditions de vie améliorées et responsabilisation des acteurs impliqués.
BENNY LUTALADIO