Exploitation minière en RDC : cap sur la gouvernance renforcée, la traque à la fraude et l’encadrement de l’artisanat minier

Le ministre des Mines, Louis Watum, a dévoilé ce jeudi 27 novembre 2025 les conclusions de la récente mission de contrôle menée dans l’espace du Grand Katanga. Présenté lors d’un briefing de presse co-animé avec son collègue chargé de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, ce volet de restitution a permis de mettre en lumière les résultats obtenus, les difficultés identifiées et les premiers indicateurs de performance.

Le ministre Watum a aussitôt tracé les axes prioritaires qui guideront l’action gouvernementale dans les mois à venir, estimant qu’ils constituent les jalons d’un encrage durable pour le redressement et la modernisation du secteur minier national. Parmi ces orientations figuraient: une gouvernance renforcée et plus transparente, une lutte accrue contre les pratiques frauduleuses et illégales, et un encadrement rigoureux de l’artisanat minier afin de garantir des conditions de travail sûres, la protection de l’environnement et une contribution équitable à l’économie locale.

« Il y a des priorités que je me suis fixées. La première, c’est de renforcer la gouvernance, la bonne gouvernance, la traçabilité, mais également de lutter contre la fraude minière et d’encadrer l’artisanat minier comme il se doit« , a-t-il affirmé.

En s’appuyant sur les éléments recueillis lors de la mission, le ministre a annoncé des mécanismes de contrôle renforcés, une meilleure traçabilité des ressources, et des partenariats renforcés avec les acteurs locaux pour assurer une exploitation plus responsable et durable des gisements. Il a également souligné l’importance de la formation et du renforcement des capacités pour les opérateurs miniers artisanaux, afin d’intégrer progressivement ce secteur dans le cadre légal et fiscal du pays.

Pour le ministre, l’amélioration de la traçabilité représente un levier clé pour assainir les chaînes d’approvisionnement, réduire les pratiques frauduleuses et maximiser les recettes publiques, tout en renforçant la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux. Une traçabilité renforcée doit permettre une visibilité accrue sur l’origine des minéraux, leur parcours jusqu’au consommateur final et la conformité aux cadres juridiques et environnementaux en vigueur.

Parmi les points maîtres abordés lors de son intervention, l’exploration géologique occupe une place centrale. Le ministre souhaite repositionner cette exploration comme moteur stratégique de la politique minière nationale, afin de mieux identifier les gisements, évaluer leur potentiel et planifier des développements responsables.

« Il est important que nous mettions des moyens dans l’exploration géologique, mais cette fois, le faire avec des géologues congolais. Il faut leur donner des fonds pour leur permettre de découvrir les gisements. Ils n’ont pas peur d’aller aux mille diables, de boire l’eau sale ; il faut leur donner des moyens« , a-t-il soutenu.

Louis Watum veut que l’expertise  congolaise soit au cœur des futures explorations pour réduire la dépendance envers les bureaux étrangers et renforcer la souveraineté sur le sous-sol. Le ministre des Mines s’engage à convertir ces priorités en actions concrètes dans les semaines et mois à venir. La mission de contrôle du Grand Katanga a révélé des failles opérationnelles qui feront l’objet d’un suivi renforcé. L’objectif du Gouvernement demeure: un secteur minier plus transparent, plus compétitif et plus bénéfique pour les communautés et l’État.

BENNY LUTALADIO

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