Après la récente épidémie de Mpox, la République démocratique du Congo se trouve de nouveau confrontée à une crise sanitaire majeure avec la recrudescence du choléra. Cette nouvelle flambée est particulièrement inquiétante, étant amplifiée par les déplacements massifs de populations, notamment dans l’est du pays, où les mouvements de réfugiés et de déplacés internes compliquent les efforts de prévention et de lutte contre la maladie. Par ailleurs, les récentes inondations qui ont touché plusieurs régions ont créé des conditions propices à la propagation du choléra, en contaminant les sources d’eau potable et en aggravant la dégradation des conditions sanitaires.
Lors d’un briefing presse organisé le lundi 14 juillet par le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a apporté des précisions sur la situation sanitaire critique en République démocratique du Congo. Il a révélé que le pays enregistre actuellement près de 1 000 nouveaux cas de choléra par semaine, avec un taux de mortalité avoisinant 1 %, ce qui souligne la gravité de l’épidémie.
Cependant, la semaine précédente a marqué une hausse inquiétante : 2 085 cas ont été rapportés en seulement sept jours, soit plus du double des chiffres habituels, signe d’une accélération rapide de la propagation de la maladie.
« En temps normal, nous observons environ 1 000 cas par semaine dans les zones endémiques. Mais cette semaine, nous avons franchi un cap inquiétant, atteignant 2 085 cas. À ce jour, depuis janvier, nous avons recensé environ 35 000 cas. La situation est préoccupante, et le taux de mortalité national tourne autour de 3 % », a déclaré le ministre Samuel Kamba.
Dix-sept provinces de la République démocratique du Congo ont déjà signalé des cas de choléra, la province de la Tshopo enregistrant le plus grand nombre, suivie de près par Kinshasa, la capitale. Cette répartition géographique illustre l’ampleur nationale de la crise sanitaire, qui concerne aussi bien les zones rurales que les centres urbains.
Face à cette situation préoccupante, le gouvernement appelle la population à une vigilance accrue. Il insiste sur l’importance de signaler immédiatement tout cas suspect auprès des services de santé locaux, afin d’intervenir rapidement et de limiter la propagation de l’épidémie. Des mesures fondamentales telles que l’adoption de pratiques hygiéniques strictes, la consommation d’eau potable saine, et la sensibilisation à l’hygiène personnelle sont plus que jamais essentielles pour contenir cette crise sanitaire et protéger la vie de la population.
Le Dr Roger Kamba a souligné l’importance d’une prise en charge rapide par réhydratation et antibiotiques adaptés, pouvant sauver des vies. Il met en garde contre l’automédication et l’usage non contrôlé de médicaments anti-diarrhéiques, qui peuvent aggraver la situation. Le gouvernement prend en charge les frais de traitement.
En cas de symptômes, la population doit se rendre sans délai au centre de santé, éviter l’automédication, suivre les consignes médicales, n’utiliser que de l’eau traitée, et renforcer l’hygiène des mains, notamment avant de manger ou après être allé aux toilettes.
Il est important de rappeler que le choléra est présent en République démocratique du Congo depuis 1973. Ce fléau persiste et continue d’affecter principalement des provinces telles que le Tanganyika, le Haut-Katanga et le Lualaba.
BENNY LUTALADIO