Le mardi 15 juillet 2025, le ministère de la Communication et Médias a marqué un moment historique en recevant dans son cabinet la première femme journaliste congolaise, Pauline Kabangu Tshita. Une rencontre d’une trentaine de minutes au cours de laquelle cette pionnière du journalisme national a partagé son parcours exceptionnel, marqué par plus de trente années d’engagement dans la profession, ainsi que ses expériences à l’Office zaïrois de radiodiffusion et de télévision (OZRT), aujourd’hui la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC).
Lors de cet échange, Pauline Kabangu a expliqué que « le ministre a voulu échanger un peu avec moi sur mon parcours, sur le travail que j’effectuais à la RTNC, tant à la télévision qu’à la radio. Je lui ai brièvement retracé ma vie professionnelle, car après être partie pendant 30 ans, je suis tout de même revenue. Il fallait donc marquer cela d’une manière ou d’une autre ». Ancienne permanente à la Présidence sous le régime de Mobutu Sese Seko, elle a insisté sur le caractère noble et exigeant du journalisme. Selon elle, « le journalisme est un métier noble, qui requiert rigueur, discipline, et surtout le respect de l’éthique et de la déontologie. Les journalistes travaillent pour la société dans son ensemble, et non pour une minorité ».
Elle a également évoqué l’exigence et la vision du feu Président Mobutu, qui « était très exigeant ; il voulait que ses journalistes excellent. Il appelait personnellement pour s’enquérir d’un retard dans la diffusion d’une édition du journal ou d’une émission. Il suivait de près chaque situation dans le pays. Il tenait à ce que ses concitoyens et le monde entier soient informés de l’actualité au Zaïre. Il avait une grande vision pour le secteur de la communication et des médias ».
Ses années d’expérience à la Présidence entre 1965 et 1995 lui ont permis de réaliser des reportages en direct et de gravir les échelons jusqu’à devenir la première femme journaliste congolaise à obtenir le grade de rédacteur en chef. « J’ai été la première femme journaliste à obtenir le grade de rédacteur en chef. J’étais journaliste permanente, d’abord au Parlement, ensuite à la Présidence de la République, où j’ai terminé ma carrière. J’ai quitté la profession parce que mon époux est devenu ambassadeur. J’ai dû le suivre, nos enfants étant encore très jeunes, je ne pouvais pas les laisser partir sans moi », a-t-elle expliqué.
Son engagement dans le secteur ne s’arrête pas là, puisqu’elle a également été directrice de la première chaîne de radio stéréo, une réalisation qui témoigne de sa persévérance et de la reconnaissance de ses compétences par ses pairs. « J’ai commencé à travailler à la télévision en 1967. Mais en réalité, j’avais déjà commencé à la radio, à Mbuji-Mayi, en 1965. Lorsque je suis arrivée à Kinshasa en 1967, un concours a été organisé à la RTNC. Je m’y suis présentée, j’ai été retenue, et c’est là que tout a commencé. Après un stage d’environ six mois, j’ai intégré la télévision et j’ai commencé à présenter le journal télévisé », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, Pauline Kabangu Tshita souhaite transmettre un message de persévérance aux jeunes journalistes et aux étudiants en sciences de l’information. Elle leur conseille : « Je les encourage à persévérer dans le travail. Il faut exercer ce métier avec beaucoup de sérieux. Il faut l’aimer pour pouvoir bien le faire ».
Cette rencontre souligne l’importance de reconnaître et de valoriser les figures pionnières du journalisme congolais, dont l’expérience et l’engagement continuent d’inspirer la nouvelle génération. Une reconnaissance bien méritée pour une femme qui a consacré sa vie à l’information et à la promotion de l’éthique dans un secteur crucial pour la démocratie et le développement du Congo.
BENNY LUTALADIO